A-tól Z-ig híres költők franciául. A à Z célèbre poètes en français
lundi 19 septembre 2011
Après-midi épuisée
Après-midi épuisée
Une guêpe mourante atterrit à la fenêtre,
ma femme qui rêve parle dans son sommeil,
et les ourlets des nuages brunissants
s’effilochent soufflées par une douce brise.
Que puis-je en dire de plus ? L'hiver arrive, et la guerre arrive ;
Je vais bientôt me coucher rompu, vu de personne ;
La terre infestée de vers remplira ma bouche et mes yeux
et les racines transperceront mon corps.
Oh, douce après-midi qui bascule, donne-moi la paix
Moi aussi je vais me coucher, et travailler plus tard.
La lumière de ton soleil est déjà suspendue sur les haies,
et là-bas le soir tombe sur les collines.
Ils ont tué un nuage, son sang tombe lentement sur le ciel ;
en dessous, sur les tiges des feuilles incandescentes,
il y a des baies jaunes à odeur de vin.
Radnóti Mikós. 1935-1936
Une guêpe mourante atterrit à la fenêtre,
ma femme qui rêve parle dans son sommeil,
et les ourlets des nuages brunissants
s’effilochent soufflées par une douce brise.
Que puis-je en dire de plus ? L'hiver arrive, et la guerre arrive ;
Je vais bientôt me coucher rompu, vu de personne ;
La terre infestée de vers remplira ma bouche et mes yeux
et les racines transperceront mon corps.
Oh, douce après-midi qui bascule, donne-moi la paix
Moi aussi je vais me coucher, et travailler plus tard.
La lumière de ton soleil est déjà suspendue sur les haies,
et là-bas le soir tombe sur les collines.
Ils ont tué un nuage, son sang tombe lentement sur le ciel ;
en dessous, sur les tiges des feuilles incandescentes,
il y a des baies jaunes à odeur de vin.
Radnóti Mikós. 1935-1936
dimanche 18 septembre 2011
Vendredi
Vendredi
Avril a perdu la raison,
le soleil n’est pas encore revenu
sans cesse, j’ai bu pendant une semaine,
c’est ainsi que je me suis déguisé !
Aujourd’hui, le gel te gifle,
un écrivain écrit et il vend son pays,
chaque semaine.
Une neige grinçante est tombée,
nombreux sont ceux déjà partis en courant
et leur cœur s’est fendu.
Il aboie au-dessus du gel,
trois de mes amis sont partis
et tous les trois sont perdus
Une averse brutale fouette de temps en temps,
l’un d’eux est en vie, il est fou
et ne se doute pas de ce qui s’est passé.
Beaucoup de rivières ont débordé,
l’autre n’est plus vivant,
il a deux balles logées dans son cerveau.
Ça fait quatre jours qu’on l’a tué.
Le troisième est prisonnier.
Nos fruits meurent du gel.
Mes lèvres sont cernées de sourire.
Prends soin de toi – j’entends me le dire -,
pour nous venger pour tout !
Radnóti Miklós. 18 mai 1941
samedi 17 septembre 2011
PÉNTEK
PÉNTEK
Az április megőrült,
még nem sütött a nap,
egy hétig folyton ittam,
így lettem józanabb.
Az április megőrült,
fagyot suhint ma rád,
egy író ír s hetente
eladja a hazát.
Az április megőrült,
csikorgó hó esett,
sokan már elfutottak
s a szívük megrepedt.
Az április megőrült,
vonít a fagy felett,
három barátom elment
s mindhárom elveszett.
Az április megőrült,
vad zápor hullt időnként,
az egyik él, bolond,
s nem sejti, hogy mi történt.
Az április megőrült,
s kiöntött sok folyó,
a másik az nem él már,
agyában két golyó.
Négy napja, hogy megölték.
A harmadik fogoly.
Gyümölcseink lefagynak.
Szájam körül mosoly.
Vigyázz magadra, - hallom,
hogy mindent megtorolj!
Radnóti Miklós.1941. május 18.
Az április megőrült,
még nem sütött a nap,
egy hétig folyton ittam,
így lettem józanabb.
Az április megőrült,
fagyot suhint ma rád,
egy író ír s hetente
eladja a hazát.
Az április megőrült,
csikorgó hó esett,
sokan már elfutottak
s a szívük megrepedt.
Az április megőrült,
vonít a fagy felett,
három barátom elment
s mindhárom elveszett.
Az április megőrült,
vad zápor hullt időnként,
az egyik él, bolond,
s nem sejti, hogy mi történt.
Az április megőrült,
s kiöntött sok folyó,
a másik az nem él már,
agyában két golyó.
Négy napja, hogy megölték.
A harmadik fogoly.
Gyümölcseink lefagynak.
Szájam körül mosoly.
Vigyázz magadra, - hallom,
hogy mindent megtorolj!
Radnóti Miklós.1941. május 18.
Tu es apparu
Tu es apparu
A l’appel
« Soyeusement » caressant
De deux roses rouges
Ton regard
Imperceptible
Fixant le lointain
Enveloppe
La tonnelle décorée des vignes
De ma volonté
De plus en plus fléchissante
Suzanna (Suzanne) Palasti
A l’appel
« Soyeusement » caressant
De deux roses rouges
Ton regard
Imperceptible
Fixant le lointain
Enveloppe
La tonnelle décorée des vignes
De ma volonté
De plus en plus fléchissante
Suzanna (Suzanne) Palasti
vendredi 16 septembre 2011
Két vörös rózsa
Két vörös rózsa
Bársonyosan simogató
Hívására
Tűntél elő
Messzire tekintő
Megfoghatatlan tekinteted
Behálózta
Akaratom egyre gyengülő
Szőlőfürtökkel ékesített
Lugasát.
Palasti Zsuzsanna
Bársonyosan simogató
Hívására
Tűntél elő
Messzire tekintő
Megfoghatatlan tekinteted
Behálózta
Akaratom egyre gyengülő
Szőlőfürtökkel ékesített
Lugasát.
Palasti Zsuzsanna
Violent, hideux, ô maman..
Violent, hideux, ô maman.
j’étais l’aîné de tes jumeaux, je t’ai tuée !
Mon frère est-il mort ? A-t-il vécu quelques instants ?
Je n’ai pas la moindre idée.
on m’a hissé vers la lumière :
un jeune fauve triomphant
d’avoir montré qu’il était fort -
derrière lui, deux morts.
Derrière moi : deux morts,
mais devant moi : le monde;
Radnóti Miklós. 1938
jeudi 15 septembre 2011
Cette nuit-là..
Cette nuit-là.
Cette nuit-là,
Les horloges sonnaient des heures importunes.
Cette nuit-là,
Les jardins naviguaient au sein du clair de lune
Cette nuit-là,
Des voitures passaient près des murs secoués.
Cette nuit-là,
Les mots se débattaient dans les larmes noyés.
Cette nuit-là,
Dans la chambre brulaient des bougies et des lampes.
Cette nuit-là,
Dans l'ombre secouée, la peur glaçait nos tempes.
Cette nuit-là,
La frayeur nous faisait des visages tremblants.
Cette nuit-là,
Mourut mon pauvre vieux grand-père aux cheveux blancs.
Kosztolányi Dezso. 1910
Cette nuit-là,
Les horloges sonnaient des heures importunes.
Cette nuit-là,
Les jardins naviguaient au sein du clair de lune
Cette nuit-là,
Des voitures passaient près des murs secoués.
Cette nuit-là,
Les mots se débattaient dans les larmes noyés.
Cette nuit-là,
Dans la chambre brulaient des bougies et des lampes.
Cette nuit-là,
Dans l'ombre secouée, la peur glaçait nos tempes.
Cette nuit-là,
La frayeur nous faisait des visages tremblants.
Cette nuit-là,
Mourut mon pauvre vieux grand-père aux cheveux blancs.
Kosztolányi Dezso. 1910
Tout pour rien.
Tout pour rien
C'est affreux, mais qu'y puis-je, moi?
Si tu décides
De m'aimer – c'est ainsi – tu dois
Exister comme on se suicide.
Peu m'importent les lois, les gens
Qui veulent être de leur temps!
Quand rentre en son âme l'esclave,
Il en est roi.
Mon bonheur à moi, seules savent
Le définir mes propres lois.
Tu ne m'appartiens ni ne m'aimes,
Si tu es Toi!
Tant qu'en échange de toi-même
Tu me veux, je subis ton poids.
Même sacré, contrat oblige!
Moi c'est tout pour rien que j'exige!
Le reste est un duel ténébreux
Entre égoïsmes.
Dans le cours de mon sort, je veux
Que tu ne soies qu'un mécanisme.
J'ai peur de tous et je suis las,
Malade, exsangue.
Oh! mon désir est toujours là!
C'est plutôt la foi qui me manque.
Pour qu'en moi ne subsiste aucun
Soupçon hideux, un seul moyen:
Sois ma servante (et davantage:
Humilie-toi!)
Mais heureuse de ton servage
Et de fuir le monde pour moi.
Tant que tu prétends à ta guise
Vivre un instant,
Penser à toi, être reprise
Par ton existence d'avant,
Tant que tu n'es pas une chose
Morte et sans pouvoir sur les causes,
Tu es femme dans le troupeau:
Tu pourrais être
Une étrangère, et de ma peau
Et de mon cœur ne rien connaitre.
D'un prochain gardé par la loi
Qui le concède,
Que faire? Je veux que tu sois
Hors la loi, bête qu'on possède,
Lampe qu'on règle… A mon gré, meurs!
Je veux que tu n'aies mots ni pleurs,
Et ce cachot qui t'emprisonne,
Que tu l'oublies.
Je ferai que tu me pardonnes
Sois-en sure, ma tyrannie.
Szabó Lorinc
Comme celui qui dans les rails vient de tomber..
Comme celui qui dans les rails vient de tomber.
Et revoit à l'instant tout ce qu'il a vécu,
Voyant alors comme jamais il n'avait vu,
Quand cahotant, brulant, grondant, les roues avancent
Et que s'allument des mirages zigzagants…
Comme celui qui dans les rails vient de tomber,
Je dis adieu. Adieu à la lointaine vie,
A l'infini, légende au loin qui m'est ravie,
Comme celui qui dans les rails vient de tomber.
Comme celui qui dans les rails vient de tomber
– Horrible volupté, panorama sauvage –
Allongé dans les rails et que les roues saccagent
J'entends au-dessus de mon corps, rouler le temps,
Pendant que la mort tonne et s'éloigne en grondant;
Je prends ce que je peux prendre d'éternité:
Rêves et papillons, cauchemars et beautés.
Comme celui qui dans les rails vient de tomber.
Kosztolányi Dezso. 1910
Et revoit à l'instant tout ce qu'il a vécu,
Voyant alors comme jamais il n'avait vu,
Quand cahotant, brulant, grondant, les roues avancent
Et que s'allument des mirages zigzagants…
Comme celui qui dans les rails vient de tomber,
Je dis adieu. Adieu à la lointaine vie,
A l'infini, légende au loin qui m'est ravie,
Comme celui qui dans les rails vient de tomber.
Comme celui qui dans les rails vient de tomber
– Horrible volupté, panorama sauvage –
Allongé dans les rails et que les roues saccagent
J'entends au-dessus de mon corps, rouler le temps,
Pendant que la mort tonne et s'éloigne en grondant;
Je prends ce que je peux prendre d'éternité:
Rêves et papillons, cauchemars et beautés.
Comme celui qui dans les rails vient de tomber.
Kosztolányi Dezso. 1910
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